La religion d’état en France

Shoah comme religion d'état en France

Alain Soral condamné pour une caricature

L’essayiste Alain Soral vient d’être condamné à 3 mois de prison pour la publication d’une caricature jugée « négationniste ». Impensable après tout ce qui s’est dit sur la liberté d’expression ! Ceci n’est que l’illustration du délit de blasphème. Cette condamnation vient renforcer mon opinion sur la « laïcité » française.

Le fait d’avoir passé la moitié de ma vie dans un pays gouverné par une religion d’état, m’a permis de développer un « radar » pour cette dernière. La France a bel et bien une religion d’état. Une religion qui ne dit pas son nom, mais force est de constater qu’elle peut faire condamner ceux qui la blasphèment : la Shoah.

L’affaire Nahed Hattar

Nahed Hattar est un journaliste jordanien, qui s’est fait assassiné par un islamiste le 25 septembre 2016. Il est victime du même procès, qui est blasphème de la religion d’état, en l’occurence l’islam en Jordanie. Ceci est arrivé suite à la publication d’une caricature de Allah selon la conception des djihadistes. Le ministre de l’Intérieur avait lancé une procédure judiciaire à son encontre, qui lui a value une arrestation puis une libération sous caution. Mais hélas un fou d’Allah a voulu venger son dieu pour cette caricature, et a décidé d’aller l’abattre devant le tribunal.

Deux affaires très similaires. Deux libre-penseurs qui ont osé tourner en dérision le sacré de l’establishment. Deux victimes de la police de la pensée. Deux victimes de deux religions d’état.

Architecture d’une religion d’état

Pour détecter une religion d’état, il faut comprendre son architecture et son mode opératoire. Une religion d’état s’appuie sur trois piliers : une autorité « morale », une autorité « politique » et une « milice ». Elle a également  un ennemi à abattre, l’apostat.

L’autorité morale :

L’autorité morale (ou le clergé) a pour rôle de tracer les lignes jaunes. Elle définit les dogmes constituant la pensée dominante et se charge d’inculquer sa pensée, principalement par le martèlement de ses messages et son omniprésence dans le paysage public, médiatique et culturel.

Cette autorité morale est incarnée par le haut de la pyramide. Un ensemble de « représentants » d’associations, des intellectuels, des leaders d’opinions et de personnages publics de manière générale. Ils endossent le rôle de « guide » de la communauté et montrent le chemin à suivre; ou plutôt la pensée à épouser.

Cette autorité intervient également dans l’ombre, en faisant du Lobbying voir de la pression politique pour mettre en place un arsenal juridique suffisamment répressif et élastique. Sa tactique est assez simple et très efficace. Elle consiste à s’offusquer et se scandaliser de toute voix discordante, anodine fut-elle. Ainsi, à force de créer des tempêtes médiatico-judiciaire pour le moindre détail, elle finit par créer un climat d’auto-censure voir de terrorisme intellectuel.

Elle déclenche des procédures judiciaires pour des faits aussi anodins qu’un tweet, une phrase ou une caricature. Elle cherche à faire condamner de manière répétitive à des sommes d’argent exorbitantes, dans une logique d’asphyxie financière (contre un journal par exemple). Parfois ça peut aller jusqu’à des peines de prison ferme pour les plus récalcitrants.

L’autorité politique :

L’autorité politique travaille main dans la main avec l’autorité morale. Elle lui met en place l’arsenal juridique, et le dispositif répressif permettant de poursuivre toute personne qui ose remettre en question le narratif officiel. Qu’il soit un jeune fougueux taquin ou un sage intellectuel, les deux personnages récoltent les foudres s’ils franchissement les lignes jaunes.

Les foudres de l’autorité politique prennent deux formes: soit l’intimidation via des interrogatoires au commissariat, soit des procès répétitifs pour des motifs farfelus, souvent dans une logique d’épuisement moral et d’asphyxie financière. Les plus récalcitrants terminent eux en prison et parfois condamné à mort dans les régimes les plus barbares.

La milice populaire :

La milice populaire, contrairement à l’autorité morale, est informelle et anarchique. Elle est constituée de personnes lambda fanatiques excessivement enthousiastes par le narratif officiel. Elle se se sent chargée d’une mission: protéger leur sacré contre tout blasphème.

Sa connaissance de l’histoire est rarement issue des lectures personnelles de sources. Mais plutôt issue du endoctrinement narratif de l’autorité morale. Elle est marquée par une vision tribale et manichéenne du monde. Elle pense que sa tribu est noble,  et victime de la barbarie et de la sauvagerie du restant de l’humanité. Toute critique, bien fondée soit-elle, ne peut être que le reflet d’une haine raciste cachée, voir de pulsions génocidaires…

Elle est incarnée principalement par le bas de la pyramide. Elle peut prendre la forme d’une horde d’internautes, et de trolleurs « professionnels » par exemple. Ces derniers crient au scandale, insultent, et signalent en masse suite à ce qui considèrent le blasphème ultime. Parfois ça peut aller jusqu’à l’agression physique, la ratonnade voir le meurtre dans les cas les plus extrêmes.

L’apostat

L’apostat est le mécréant qui choque la conscience commune par sont rejet de la religion dominante. Le fait de ne pas croire, et le dire à haute voix est vécu comme la pire abomination.

Les croyants offusqués ne conçoivent la liberté de conscience de l’apostat que dans le silence. Car exposer sa « non croyance » heurte leur sensibilité souvent supérieure à celle du reste de l’humanité. Ils y voient probablement un danger qui pourrait ébranler la foi des autres, et par conséquent troubler l’establishment.

L’apostat est associé aux pires criminels, même s’il n’a jamais fait de mal à personne. Pire encore, la société est plus clémente à l’égard d’un croyant criminel, qu’à l’égard d’un non croyant honnête et bon citoyen.

De part son statut (au sens du droit antique), l’apostat perd tout son capital social, voir toute sa dignité. Ses propos sont disqualifiés d’office et aucun argument de sa part ne peut être considéré. D’ailleurs son cerveau est considéré probablement malade, et ne peut produire quelque chose de bon… Sa mort réjouirait plus d’une personne !

Religion d'état en France : la SHoah

Constat d’évidence

Une fois le système décrit ci-dessus est bien compris, nous pouvons facilement émettre un diagnostic sans appel. La Shoah et pour la France, ce que l’islam est pour la Jordanie ou le Maroc.

En France, la Shoah s’est bien installée comme religion d’état de fait. Elle ne se présente pas comme telle, mais procède comme telle. La laïcité affichée, n’est qu’un outil dans les mains de la religion dominante pour freiner les autres qui voudraient lui faire concurrence.

 

 

 

 

 

 

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